L' histoire du château de Cavagnac Construit sur le site d’une ancienne villa romaine, le château de Cavagnac date pour sa partie la plus ancienne du XII ème siècle, date à laquelle sont élevés les premiers murs par la famille Robert dite « Robert de Cavagnac ». De cette époque subsiste le donjon dont on voit encore les restes de mâchicoulis et une haute tour dite « romane » ou « Sarrasine ». La fin du 13e siècle la famille de Guiscard habite le château et détient les droits de Haute Justice dans la Vicomté de Turenne. Le château féodal laisse la place au XVIème siècle à un nouveau château, flanqué d’un monumental corps de logis au milieu du XVIIIème siècle dont la façade est remarquable de sobriété. Le château reprend les plans de l’architecture d’une belle demeure parisienne et témoigne du goût et de la puissance des Guiscard qui occupent le site sans interruption durant cinq siècles jusqu’à la Révolution. En cette période troublée le château est attaqué par des villageois, le blason de la famille, gravé sur une pierre énorme logée au centre de la façade dans la cour d’honneur, est rogné tel qu’on le voit encore aujourd’hui. Pour finir le château est saisi et vendu comme « Bien National ». Les Guiscard s’éteignent en 1790 avec le décès de Jean Pierre de Guiscard, baron de Thédirac, seigneur de Cavagnac et autres lieux époux de Paule Augustine de Plas, issue de la noble maison des Plas de Curemonte. Les liens entre les deux familles ne s’arrêtent pas là puisque Marie Madeleine de Guiscard, la sœur de Jean-Pierre de Guiscard, avait épousé le marquis de Plas de Curemonte. C’est un descendant de la branche cadette de la famille des Plas « dite branche de Peyrilles et du Carriol » qui est aujourd’hui propriétaire du château de Cavagnac. Un salon de Cavagnac porte leur nom… Marie Angélique de Scorailles de Roussille, (1661-1681) duchesse de Fontanges est la fille d’Aimé Eléonore de Plas de Curemonte et du Marquis de Scorailles. D’une incroyable beauté elle est présentée à la cour et tombe sous le charme du roi dont elle devient juste avant madame de Maintenon, la dernière favorite. Elevée par Louis XIV à Versailles au rang de Duchesse, elle meurt enceinte d’un enfant du roi dans d’atroces souffrances à l’âge de 20 ans sans doute empoisonnée. Gustave, comte Desplaces, (1820-1869) issue de la famille des Plas, branche du Quercy, entre à l’école Polytechnique sous la Monarchie de Juillet. Son père le comte Claude Desplaces ayant été secrétaire du baron d’Haussez, ministre de Charles X. Président de la délégation technique près de la chambre des Pairs chargés d’établir la première charte du Chemin de fer, -(il n’a que 22 ans !!!), Gustave Desplaces est l’un des principaux artisans du développement des chemins de fer en France dans la première moitié du XIXe siècle. En 1852 il construit le pont de Tarascon qui enjambe encore aujourd’hui le Rhône, reliant ainsi la Provence au Languedoc. On lui doit aussi notamment la gare Saint-Charles à Marseille et les docks de la Joliette, le chantier le plus cher du Second Empire. Décoré de la légion d’honneur à l’âge de 30 ans par Napoléon III il épouse Alice Dumalle de Colonjon, fille de Reine de Montgolfier et nièce de Marc Seguin, l’inventeur de la chaudière Tubulaire, qui lui donne deux fils dont l’écrivain comte Henri Desplaces (1869-1922), grand-oncle de l’actuel propriétaire de Cavagnac.